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    — Grades

    Pourquoi votre matcha est amer

    Quatre causes, dans cet ordre : eau trop chaude, mauvais grade, surdosage, matcha fatigué. Et la correction qui va avec chacune.

    Bol de matcha préparé avec thermomètre à 80°C, balance de précision et chasen

    L'essentiel

    • Cause n° 1 : une eau au-delà de 85 °C. Redescendez à 80 °C avant toute autre conclusion.
    • Un matcha culinaire reste amer nature quelle que soit la technique.
    • Trop de poudre pour trop peu d’eau : allongez avant de changer de thé.
    • Ce qui ne corrige rien : sucrer, ajouter du citron, fouetter plus longtemps.

    Beaucoup de gens goûtent un matcha, le trouvent âpre, et en concluent qu'ils
    n'aiment pas ça. Dans la grande majorité des cas, ils n'ont pas goûté du matcha —
    ils ont goûté une erreur de préparation.

    Quatre causes expliquent presque toute l'amertume. Elles se corrigent dans
    l'ordre.

    1. L'eau trop chaude

    C'est la cause numéro un, et de loin.

    Le thé vert contient des catéchines, des composés au goût amer et astringent. Leur
    extraction dépend directement de la température de l'eau : au-delà de 85 °C, elles passent
    massivement dans l'eau et dominent tout le reste. Les acides aminés responsables
    de la douceur, eux, s'extraient bien plus tôt.

    La correction : 80 °C. Pas de thermomètre ? Faites bouillir et attendez deux
    minutes. Ou transvasez l'eau bouillante dans un autre récipient : chaque transfert
    lui fait perdre une dizaine de degrés.

    Refaites un bol à 80 °C avant de conclure quoi que ce soit sur votre matcha. Dans
    la moitié des cas, le problème s'arrête là.

    2. Le mauvais grade

    Si l'eau est bonne et que l'amertume persiste, le problème est dans le sachet.

    Un matcha de grade culinaire est produit à partir de feuilles plus tardives, plus
    dures, avec un ombrage écourté ou inexistant. Il contient davantage de catéchines
    et moins d'acides aminés. Il sera amer quelle que soit votre technique — c'est
    sa nature, et c'est parfaitement adapté à la pâtisserie, où le sucre et la cuisson
    l'équilibrent.

    Bu nature, il est désagréable, et aucune méthode ne le rattrapera.

    La correction : un matcha de première récolte, ombré, comme notre
    Matcha Cérémonie. Le sujet est détaillé dans
    Matcha cérémonie ou culinaire.

    3. Le surdosage

    Le matcha n'est pas une infusion : vous buvez la feuille entière, pas son
    extrait. Doubler la dose ne renforce pas le goût, elle sature le palais.

    La correction : 2 g pour 60 à 70 ml d'eau pour un bol nature. Une cuillère à
    café bien remplie, pas bombée. Si c'est trop amer, allongez avec un peu d'eau
    plutôt que de changer de matcha.

    4. Le matcha fatigué

    Le matcha s'oxyde vite. Au contact de l'air, de la lumière et de l'humidité, sa
    couleur ternit, son parfum s'affaiblit, et l'amertume prend le dessus sur le
    reste.

    Le signe est visuel : un matcha frais est vert vif, presque saturé. Un matcha qui
    tire vers le kaki, le jaune ou le brun a passé son heure.

    La correction : contenant hermétique, à l'abri de la lumière et de la
    chaleur, refermé après chaque usage. Comptez quatre à six semaines après
    ouverture pour profiter du meilleur. Au-delà il reste consommable, simplement
    moins bon.

    Et si c'est bien préparé ?

    Un bon matcha n'est pas sans amertume. Il en a, mais elle arrive en second plan,
    derrière une rondeur végétale, presque sucrée, qui domine l'attaque et persiste
    après la gorgée.

    Ce qu'on cherche à éliminer, c'est l'astringence : cette sensation râpeuse
    qui assèche la bouche et fait plisser les yeux. Elle, c'est toujours le signe
    d'une des quatre causes ci-dessus.

    Trois ajustements si vous débutez

    Allongez. 80 ml d'eau au lieu de 60 pour la même dose. Vous perdez en
    intensité, vous gagnez en confort. Vous resserrerez plus tard.

    Descendez à 70 °C. En dessous de l'idéal, mais l'amertume recule nettement.

    Passez à l'eau froide. Le mizudashi — 2 g pour 200 ml d'eau froide, secoué
    dans un contenant fermé — extrait très peu de catéchines. Le résultat est doux,
    frais, presque sans amertume. C'est une excellente porte d'entrée.

    Ce qu'il ne faut pas faire

    Sucrer pour masquer. Le sucre ne supprime pas l'amertume, il la durcit. Il
    faut corriger la cause, pas la couvrir.

    Ajouter du citron. L'acidité fait virer la couleur au jaune et casse le
    profil aromatique.

    Fouetter plus longtemps. L'amertume n'est pas une question d'agitation.
    Au-delà de vingt secondes, vous ne faites que retomber la mousse.

    Questions fréquentes

    Le matcha est-il censé être amer ?
    Légèrement, en arrière-plan. Si l'amertume est la première chose que vous
    percevez, quelque chose ne va pas.

    L'amertume dépend-elle de la région d'origine ?
    Le terroir joue sur le profil, mais bien moins que la récolte et l'ombrage. Un
    matcha de première récolte d'une région modeste sera plus doux qu'un matcha
    tardif d'une région prestigieuse.

    Peut-on rattraper un bol trop amer ?
    Allongez avec de l'eau à 80 °C, ou transformez-le en latte : le lait arrondit
    beaucoup.

    Le matcha bio est-il moins amer ?
    La certification biologique porte sur le mode de culture, pas sur le goût. Elle
    ne garantit ni la douceur ni le grade — deux choses distinctes qu'il faut vérifier
    séparément.


    Nos trois matchas sont de première récolte, ombrés trois semaines minimum.
    Voir la gamme.